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extinction des feux

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    n u m é r o    2 4

    S A B I N E    D E L A H A U T

    Je rencontre, avec bonheur, une nouvelle oeuvre de Sabine Delahaut, une gravure énigmatique et superbe sur le thème récurrent chez l'artiste de l'identité dissimulée, soustraite à l'identification. L'oeuvre s'intitule Le Nid et représente un visage enfoui dans son abondante chevelu. Un œil regarde sans que le visage puisse être identifié. L'intitulé fait peut-être songer au confort douillet de l'anonymat, du repli, du secret sur soi-même. 

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    H U B E R T    D U P R I L O T

    http://www.duprilot-hubert.fr/index.php

    http://www.mattomundus.com/

    https://www.facebook.com/hubert.duprilot

    Je n'ai rien écrit encore à propos du foisonnant Duprilot, artiste français très fécond, né en 1975 et à la tête déjà d'une oeuvre impressionnante. Regard tragique sur l'être, souvent nu, chétif, brisé, aux yeux creux et sombres souvent, pris dans un espace clos, une cellule, l'impasse d'un dédale, incarcéré dans l'espace et en lui-même, défiguré par le malheur intime, par la guerre (avec des gueules cassées effroyables et impressionnantes), personnages mythologiques pris dans des conditions terribles (Sisyphe et son fardeau, un Minotaure assis dans le labyrinthe comme un enfant puni, Jésus en croix partagé entre sa divinité et les misères, les effrois de sa condition humaine). L'être solitaire, abandonné, livré aux ténèbres,peut aussi grouiller de fantômes qui prennent la forme d'asticots humains et morbides. L'être est implacablement marqué par la mort, la décomposition. L'être se répand, coule, fond comme un cierge, une espérance. L'être perd aussi son unité, bourgeonne, prolifère, entre fantasmes et cauchemars, terreurs nocturnes.  

    L'être grimaçant de malheur, chauve, hâve, en huis clos au fond de lui-même est mille fois décliné, mille fois redit différemment, ressassé infatigablement, l'être entre l'hébétude kafkaïenne et les jérémiades du désespéré. Le couple, peut-être, dans l'étreinte trouve un répit à la détresse, au vide. Une suspension amoureuse, tendre du néant. L'être de Duprilot semble vivre l'apocalypse ou lui survivre douloureusement, conception qui n'est pas dépourvue de vraisemblance. Il a l'aspect d'un damné, d'un lépreux enfermé dans le lazaret.

    S'il présente une lointaine parenté avec les personnages de Rustin, il se dégage de leur insouciance effarante par une gravité terrible, un désarroi omniprésent, gourmand, qui le grignote et le laisse maigre, chauve, pareil aussi à un agonisant du pavillon des cancéreux. L'être est défait, vaincu, dévasté.  L'être ne se dégage de la solitude que par des rêveries sordides, des visions affreuses de pullulement, que par l'assaut d'insectes humains qui peut-être constituent la métaphore de la descendance et de la population du monde. Il voit aussi, au fond de la solitude de son cachot, il sent, il éprouve sa difformité, sa monstruosité, il l'incarne.

    Duprilot est un singulier, un étourdissant prophète du malheur et ses êtres semblent même désertés par le spirituel, le métaphysique. Cette idée s'impose, peut-être, que les êtres se sont révélés incapables d'un destin, d'une dignité, d'une entente. Et pourtant, ils ne sont pas indignes, les personnages de Duprilot, leur désastre (qui n'est peut-être qu'un reflet du nôtre) nous inspire, avec la crainte, une sorte de commisération, de compassion. Car oui, profondément démunis de tout, ces êtres là brûlent, comme par les deux bouts, d'une insoutenable humanité.

    Je voyais dans certain personnage, - sans, je l'espère, céder au délire d'interprétation -, le Winston Smith d'Orwell, déniaisé, dégrisé, désillusionné, fondamentalement abandonné avant de s'effondrer tout entier dans l'amour assassin de Big Brother.

    Son soldat de 14, son poilu au front bandé n'est pas un Apollinaire somptueux et inspiré, c'est un type affalé, troué par ce qu'il a vu, par ce qui l'a heurté et qui a définitivement rompu avec tout sentiment poétique. C'est une épave. C'est, selon moi, par dignité, dans la veine de Duprilot qu'il faut représenter les sacrifiés de 14-18. Ni flambeaux, de grâce, ni attitudes héroïques qui sont des surcroîts de honte à la mémoire des victimes. 

    J'ai une grande admiration, en raison de l'éloquence terrible de l'oeuvre, pour ces hures humaines semées sur un damier et qui sont prêtes pour le jeu sordide, épouvantable, meurtrier de la vie. J'aime cet ange douloureux, hésitant, infantile, grave et fragile, rétréci à la dimension d'un humain, cet ange terrifié et débarrassé de toute auréole. Cet ange établi dans la condition humaine. Cet ange humble.

    Et je suis très emballé par l'oeuvre en général, sa force, sa puissance évocatoire, une oeuvre très interpellante, soutenue, grave, effroyable, tragique et formidablement salutaire. Indispensable.

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    n u m é r o    2 5

    Martial Rossignol

    http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/martial-rossignol/

    http://martial-rossignol.fr/

    https://www.facebook.com/martial.rossignol.photographe

    http://rossignol.bookfoto.com/

    et Orchid Lachaise, modèle

    https://500px.com/mistyorchid

    https://www.facebook.com/profile.php?id=100009226879857

    Je souhaite à nouveau recueillir, pour leur puissant magnétisme, des photographies de Martial Rossignol. Je visitais à nouveau les couloirs de l'oeuvre, tout à l'heure, j'y trouvais, par abondantes grappes, à l'écart de la mesure et de la pondération, mais à l'écart aussi, toujours, de l'obscène et du racoleur, des fleurs somptueuses, singulières, bizarres, baroques. J'y trouvais, incarnés côte à côte, souvent dans une fulgurance captivante, la fièvre, le morbide, le linceul transparent, le satin translucide, la grimace de mort, le couloir de l'enfer, l'ingénuité, l'asphyxie, la beauté inédite, la transe, la déclaration de vie. La qualité tranchée, fascinante de son noir & blanc, l'intensité ardente ou la sérénité extravagante des images, la subtilité des effets, la singularité souvent nuancée, tamisée de ses couleurs, la pincée d'étrangeté ou de fantastique qui épice l'oeuvre, quelque chose de parfois hiératique dans les allures, quelque chose de parfois proche des convulsions qui captivent Egon Schjiele, des portraits tendus du pictoraliste Alfred Stieglitz  fixant Georgia O'Keefe, l'expressionnisme même de ses modèles me passionnent. Je me plais parmi ses mises en scène originales, son iconostase profane, son ton soutenu, volontiers exorbitant, ses femmes bâchées de transparence, cette ferveur atmosphérique, cette approche singulière de l'être féminin. La femme serait le serpent à plumes de Rossignol : c'est par elle que corps et esprit, ciel et terre ne sont qu'un. D'abord, quelques photographies de Martial Rossignol avec un superbe modèle, Orchid Lachaise. Ensuite, une nouvelle petite sélection opérée dans son abondante oeuvre.

    ORCHID LACHAISE

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    Petite sélection

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    Jérôme Delépine

    Invariablement, le grand Jérôme Delépine, peintre superbe dont l'oeuvre m'envoûte, fait opérer, - dans la magie, l'onirisme, une spiritualité poétique unique -, le nimbe qui fleurit son iris, qui infuse dans les cheveux mouillés de son pinceau et enveloppe, diffuse, élève sa peinture. Tout cela est aérien, toujours, conçu un peu au-dessus de la matière, dans une atmosphère où tout est neige, feutre, souffle, laine, ouates, couleurs subtiles, savantes, où les choses semblent soulagées de leur masse pour atteindre à la traduction poétique. Les êtres, les arbres, les nuages, les eaux sont présentes comme on pourrait dire d'une idée qu'elle est présente, qu'elle volette, presque palpable, presque volatile dans la voûte crânienne. Il y a une impression de densité, souvent, mais une densité nuageuse, une densité suggérée par l'enveloppe. Il y a ici l'invention d'un état intermédiaire entre le vu et le ressenti, le vrai et le délayé, la matière et l'essence.  Delèpine, artiste majeur, a inventé ses propres huiles, ce sont des apprêts personnels de la quintessence.  

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    Anton Azbe

    Peintre slovène, 1862-1905, âme de l’impressionnisme slovène, fondateur d'une école de peinture à Munich où il reçoit ceux qui deviendront les forces vives (les quatre grands) de l’impressionnisme slovène. Il est aussi le formateur de peintres russes comme Kandinsky. Le portrait de la femme noire m'a saisi et ne m'a plus lâché depuis. Un éblouissement bien qu'il n'émette pas de lumière vive. Son unité, avec juste ce petit bouillon presque blanc sur la poitrine, fait son imparable force. Et, pour moi, l'incarnation d'une forme de la beauté. 

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    Broncia Koller-Pinell

    Artiste peintre expressionniste autrichienne (1863-1934). L'autoportrait (tableau central, première ligne) est une merveille. Le nu assis est époustouflant.

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    Antoon van Welie

    Peintre et dessinateur néerlandais (1866-1956). Il oscille entre symbolisme et impressionnisme. Expressions de la spiritualité féminine. - Merci à B

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    Anto Carte

    Peintre, illustrateur, lithographe belge (1886-1954). Ne cherche pas à se rattacher à un mouvement. Artiste singulier, libre. 

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    Armand Point

    Peintre symboliste français (1860-1932).

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    Ila Schütz

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  • 04/14/16--08:38: Nicolas Cluzel
  • NICOLAS CLUZEL

    art, taloches & électrochocs

    Peintre français (peinture & techniques mixtes) né à Angers en 1987, vit et travaille à Lyon. Issu de la bd, il débarque en peinture en 2006. Il est diplômé d'un master en Arts Plastiques de l'Université de Provence.

    http://www.nicolascluzel.com/

    L'oeuvre de ce type étrange voyage littéralement dans le monde et le temps de la culture : peinture, littérature, cinéma... C'est un impulsif qui a du recul, de la mémoire, des accroches dans le passé. Oui, le geste peut être tranchant, incisif, rappeler le dessin nerveux et chargé de la caricature. Il y a des citations partout. C'est un cosmonaute du passé, un conquistador du futur. Un aventurier qui se confronte à ses découvertes, à ses trésors. Il a un sens de l'oxymore, du blasphème admiratif. Il a aussi la nuque d'un bélier offensif et emboutit parfois avec une réjouissante agressivité. Parfois, il se contente de se foutre, d'y aller d'un pinceau d'honneur dans l'allègre et assassine représentation du cirque humain, le nôtre, nous, en somme. On m'objecte que ça rit, sur les toiles de Cluzel. Oui, mais très jaune, ou d'un rire de funérarium, avec des grimaces empruntées au fossoyeur, au légiste contraint de reconstituer un puzzle humain, après déflagration. Bon, ça rit mais la mort est imminente, la catastrophe est embusquée, la farce est dans un pas très frais dindon. Un dindon de batterie. L"oeuvre, comme un de ses glorieux inspirateurs, accuse. Elle flagelle à coups de furieux pinceaux la glorieuse immoralité du monde, des religieux, des médias, des mœurs, de la beaufrie (l'industrie du beauf), du tourisme culturel, des égorgeurs spirituels... tous les étages du sordide carnaval, de la pitrerie humaine. La chose picturale, à l'exact instar du propos, est sauvage et structurée, raffinée et éclatée, subtile et éclaboussée, vraisemblable et démesurée, réaliste et grotesque (ce n'est guère antonymique). Le peintre est un amoureux de l'art, mais cet amour est offusqué par les saccages, les singeries, le comique par vulgarité de la foule. A l'offense, Cluzel semble répondre par des contre-offensives, des farces terribles. Loi du talion, uppercut pour uppercut. Avec cet imparable supplément d'ironie. Arme suprême. Cluzel l'ironiste. Cluzel et ses attentats par déflagrations ironiques. Il me semble que le travail pictural de Cluzel me confirme dans une de mers intuitions : la déformation (caricature, torsion, grimace, convulsion) est un accès direct, pertinent à la représentation de l'humanité. L'ironie, dans son implacable cruauté froide, me semble une production saine de la pensée, une sorte d'hygiène douloureuse, une action prophylactique. Il y a nécessité impérieuse de malmener - pour son salut ! - le cirque de l'humanité, art compris. Il y a nécessité de la (nous) confronter à son (notre) grotesque. Il y a nécessité d'une férocité pour ce monde entré vivant dans sa décomposition. Le monde, sans doute, s'est toujours décomposé. Mais aujourd'hui, une sensible accélération de la décomposition se manifeste. Cluzel veille au grain, il fouette, il lacère. Il relit Zola. Il aime la peinture. Il fait son iconoclaste amoureux. Il ramène la toile à soi, à bord de ce chevalet dingue qu'il chevauche en furie, comme un Attila. Il démystifie et il adore, il vénère, vénerie, vanité. Il fait son bête et méchant - avec une acuité de tortionnaire. Il a l'esprit corrosif et satirique. C'est un monstre, un clown à couteaux tirés, dégainés, fumants. C'est un magistral fouteur de gueules. Un vilain bouffon, tout à fait républicain. Un cynique d'aujourd'hui, avec tout de même une opiniâtreté grecque. C'est un satanique chroniqueur des affaires du monde, un gros niqueur des affaires du monde. Une poche d'air frais et violent. Il fait du bien à l'être en lui mettant, comme à un toutou inscrupuleux, le nez dans son regrettable étron. Le nez à la fenêtre de son enfer. 

    Oui, Cluzel me botte, terriblement, je le recommande, je le prescris, je l'annonce comme une bonne nouvelle. J'aime la pertinence avec laquelle ce type emboutit de plein fouet, au point névralgique, là où ça fait mal. J'aime cette manière de monter à l'assaut. Cette façon de fouetter le sang ranimerait un cadavre. Et c'est à peu près de ça qu'il s'agit. C'est là qu'on en est de notre agonie.

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    Grosse ambiance

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    Les Vieilles, d'après Goya

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    Nana

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    Bataclan

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    Claude Lantier 

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    D'après Delacroix

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    Famille en rando, d'après Friedrich

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    Inversion

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    Je t'aime

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    Une heure avant le massacre

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    La fine équipe

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    La leçon médiatique

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    Le supermarché des ténèbres

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    Les soixante-douze vierges

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    Marianne

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    Y'a plus internet


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  • 04/15/16--04:08: Nicole Moson
  • NICOLE MOYSON

    J'ai trouvé quelques nouvelles œuvres de Nicole Moyson que je souhaite, tant elles me plaisent, recueillir précieusement. Pour la présenter, j'ai demandé à l'artiste une notice biographique. Après 35 passés à enseigner je suis redevenue élève :6 ans en dessin (modèles vivants) et 6 ans en peinture à l'école des Beaux-arts de Wavre. Je suis émerveillé par la concision de l'artiste. Pour le reste, la simplicité lumineuse, la grâce pleine d'humanité, la vitalité des œuvres m'enchantent.

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  • 04/15/16--04:11: Vincent Descotils
  • Revenons à Vincent Descotils

    Je me plongeais à nouveau dans l'iconographie de ce grand pictorialiste qu'est Vincent Descotils. Pour me rendre compte, avec une admiration que je ne cherche pas à dissimuler, qu'il invente le monde, qu'il est plutôt posé sur le versant de la poésie que sur celui du réel. C'est un alchimiste. J'ai parlé de ces recettes, des sortilèges qu'il applique à l'image. Artisanat doublé d'alchimie, Descotils, à l'écart de la vue, s'investit tout entier dans la vision. Contes, poèmes visuels, légendes, fées-femmes, nymphes, corbeaux rimbaldiens, belles endormies derrière le réel, paysages envoûtants, nuances, mystères, lacs, atmosphères étranges, magies, arbres vivants, brumes, c'est un monde distinct du nôtre, plus profond et à la fois plus flottant, plus beau, plus intense, plus mêlé de nuit et de neige, d’anthracite et de lait, de phantasmes et d'angoisses. C'est un univers tamisé, plus ouvragé que le nôtre, plus livré à l'encre, plus littéraire. On dirait qu'une érosion magique et volontaire l'a lavé et gravé, lui a adjoint des coulées heureuses, des auréoles, des nuances et des points ardents. On dirait que sous l'effet de pluies savantes, des joyaux se sont dégagés, ont été subtilement mis en exergue. Visages, yeux de femmes, de filles somptueux sertis dans des vagues presque abstraites. Pour les nymphes à la baignade, il y a comme une intimité entre le monde et l'être, une sorte de parenté, d'osmose. Les nymphes sont là dans leur élément, dans un mimétisme que créent les effets d'estompement ou d'accentuation, l'usage magistral du noir et blanc, le traitement inventif de l'image. Pictorialisme triomphant. Jamais le blanc et le noir (et tous leurs degrés intermédiaires) ne sont aussi finement assortis, fiancés que chez Descotils. Il y a une rencontre qui est de l'ordre amoureux.  S'il n'est pas de notre univers, Descotils n'est pas non plus de notre temps. La nature de son image n'est d'aucun temps et par conséquent de tous. Il touche à l'éternel en se situant à l'écart du temps. Ses thèmes échappent au temps. Ils le traversent, appartiennent au monde immatériel de l'homme, aux constances de son univers mental et spirituel : questions métaphysiques, hantise, surgissement du fantastique et du merveilleux, présence-absence, désir, mythologie...  Les nudités, - toujours d'une beauté ahurissante, d'une élégance parfaite -, ont à voir avec l’invraisemblable point de jonction entre le marbre, la cire d'abeille et le lait. L'immatériel, la vapeur et le charnu, l'onctueux concertent remarquablement. La forêt, les arbres, les massifs vivent, portés par une énergie comme incrustée par frottement dans le motif. Les paysages de Descotils, s'ils sont soigneusement, artistement inventés, je les connais, je les croise, je les traverse les yeux fermés, j'aspire à les connaître, ils vivent dans mes terres intérieures. L'oeuvre baigne dans une obscurité ardente où la lumière ne se hisse et se répand qu'avec une infinie délicatesse, une retenue ingénieuse. L'image ne cherche pas l'affrontement, c'est par une sorte d'infusion lente qu'elle conquiert irrésistiblement. Qu'elle triomphe.

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  • 04/18/16--05:20: Frida Kahlo
  • F R I D A    K A H L O

    Invention de l'oeuvre kahlocentrique

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    & frida 8.pngREPERES BIOGRAPHIQUES

    Naissance le 6 juillet 1907 à Coyoacan, Mexique.

    Mariage avec le peintre muraliste Diego Rivera en 1928.

    A la de six ans, elle est atteinte d'une poliomyélite. 

    Le 17 septembre 1925, le bus dans lequel elle circule est embouti par un tramway. Une barre de métal transperce le corps de Frida (abdomen et cavité pelvienne). Les dommages corporels sont épouvantables, les fractures se multiplient ; bassin, côté et colonne vertébrale. Cet accident dramatique aura des suites sur tout le cours de son existence.

    En 1928, elle rencontre une première fois Rivera, son aîné de 21 ans, qui peint une peinture murale dans son école. Elle a apporté quelques toiles et demande au muraliste ce qu'il pense de sa peinture. Rivera est impressionné. (Elle se méfie tout de même un peu : Rivera est un infatigable coureur de jupons. Il le restera toute sa vie)

    frida 10.jpgLe 21 août 1929, Diego et Frida se marient. Leur relation sera passionnée, traversée d'infidélités de part et d'autre. La beauté de Frida était étrange, irrésistible, son talent l'auréolait d'un halo de légende. Elle a beaucoup aimé, elle aussi, des hommes et des femmes. Plus conventionnel, Rivera n'a pas eu d'aventure homosexuelle. 

    En 1930, ils résident à San Francisco où le travail appelle Diego Rivera.

    En 30, Frida subit la première de ses trois fausses couches. Son grand rêve de maternité ne sera jamais exaucé. C'est un grand drame personnel qui s'explique par les terribles dégâts physiques causés par l'accident de 1925.

    Frida a déjà peint. En 1930, elle signe, pour remercier le mécène Albert Bender, l'oeuvre intitulée Frida Kahlo y Diego Rivera. (Notons que Rivera, l'inconstant, l'insatiable, a toujours encouragé son épouse, il a invariablement chanté son talent, soutenu son travail et estimé qu'elle était meilleure peintre que lui).

    Leon Trotski, en exil, est accueilli chez les Rivera, à la Casa Azul en 1938. Une courte idylle a lieu entre Trotski et Frida. Elle lui offre et lui dédicace un superbe autoportrait d'elle. 

    a frida 4.jpgEnvoyé au Mexique pour un cycle de conférences, André Breton est subjugué par le talent de Frida. Frida aprréciera Jacqueline Breton mais le pape du surréalisme, qui lui paraît gourmé, bavard, hautain,  lui inspirera une haine enflée d'épithètes violentes. A l'exception de Duchamp, elle n'aimera guère les surréalistes. 

    En octobre 1938, première expo considérable de Frida à la galerie Julien Levy à New-York. Succès retentissant. La moitié des œuvres sont vendues. Les échos sont excellents. Frida n'est plus l'épouse du maître, elle est reconnue comme artiste. 

    Frida expose à Paris. Elle est exaspérée par l'inconsistance des surréalistes. Les insultes pleuvent pour les évoquer. Nous traduisons: ils sont paresseux, bavards, inefficaces (foutus intellectuels pourris). Grâce à Duchamp, l'expo se fera. 

    Divorce de Diego Rivera en décembre 1938.

    Rencontre du docteur Eloesser qui la soignera. Ils deviendront de grands amis. Elle lui offrira quelques superbes œuvres.

    a frida 21.jpgL'après-divorce voit mûrir et éclater le talent de Frida : plus puissant, plus expressif encore, plus douloureux, plus maîtrisé, plus inventif, plus accompli. Des autoportraits somptueux abondent. Les problèmes de santé se multiplient. 

    Se marie à nouveau avec Diego Rivera en décembre 1940.

    En 1942, Frida commence la rédaction de son journal, elle est élue membre du Seminario de Cultura Mexicana. 

    En 1943, elle dirige un classe de peinture à l'Académie des Beaux-Arts. En raison de ses gros problèmes de santé, elle enseigne à domicile. Elle est contrainte au port d'un corset de fer qui lui inspirera le terrible chef-d'eouvre qu'est La Colonne brisée.

    En 46, opération de la colonne vertébrale.

    En 1950, elle est hospitalisée 9 mois à Mexico. Les opérations se succèdent, les problèmes inflammatoires, etc. Après une suite de sept opérations, elle peut à nouveau peindre, en station couchée. 

    Printemps 1953, première grande exposition monographique de Frida au Mexique. Consécration nationale organisée par la photographe Lola Alvarez Bravo. Son médecin lui ayant formellement interdit la station verticale, elle fait transporter son lit dans la salle d'exposition. On se représente sans difficulté la formidable intensité de l'instant. 

     En août 53, en raison d'une gagrène naissante, on lui ampute la jambe droite.

    Décès, à la suite d'une grave pneumonie, le 13 juillet 54 à Coyoacan, sa ville natale.

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    FRIDA-LA-MERVEILLE

    C'est l'un des grands peintres du vingtième siècle. C'est un de mes artistes favoris. Nature vive, intègre, entière, passionnée, Frida Kahlo peint sa réalité, le monde tel qu'elle le voit et le vit. Tel qu'elle le vibre. Elle irradie au centre de l'univers qu'elle bâtit. Elle est le soleil douloureux et fascinant de son art. Talentueuse, originale, Frida s'inscrit dans son oeuvre, elle en est le moteur, l'âme violente et superbe. Sa beauté inédite, la force de son art, son trait puissant, son expressivité rare, son décorum et son identité mexicains, ses assauts de couleur, son imagier, sa vitalité, son courage exceptionnel ont profondément et durablement marqué l'histoire picturale. Née en 1907, victime d'une poliomyélite à l'âge de 6 ans, elle sera à 16 ans très grièvement blessée dans un accident de la route alors qu'elle circulait en bus. La belle Frida connaîtra une existence terriblement marquée par une épuisante et terrible douleur physique. Elle finira par être amputée d'une jambe. Obstinée, ayant une oeuvre à livrer, elle peindra alitée. La talentueuse Mexicaine sera, à deux reprises, au cours d'amours passionnées et orageuses, l'épouse du grand muraliste Diego Rivera. Sur sa dernière oeuvre, épuisée, elle a néanmoins écrit Viva la vida. Tout aura tourné somptueusement à son chevalet : le sang, la sève, la douleur, la théâtralité, la mort, l'humour, la beauté, la tragédie, la vie animale, la fièvre. Une femme a pris place dans l'univers de l'art, une femme a imposé au monde la grande oeuvre kahlocentrique. Frida Kahlo est au gouvernail de la fièvre picturale du siècle. Elle a traduit dans le langage de la peinture sa beauté inhabituelle, ses tourments, ses désirs, ses désastres, ses amours, ses abandons, sa terre, sa conviction, les étapes de sa douloureuse et glorieuse destinée. Sa place est faite dans l'histoire de la peinture. 

    http://www.mexique-fr.com/art-culture/frida-kahlo-1907-1954/
    http://www.fridakahlo.com/
    http://www.biography.com/people/frida-kahlo-9359496#tumultuous-marriage&
    http://www.frida-kahlo-foundation.org/

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    a frida 1.jpgBibliographie 

    Je termine à l'instant la longue bibliographie de Frida Kahlo rédigée par Hayden Herrera. Si elle a été la base de, Frida, bon film de Julie Taymor, c'est une oeuvre beaucoup plus fouillée, plus exigeante, plus complète et plus profonde. Méticuleuse et savante, la biographie de Frida Kahlo est signée par une historienne de l'art qui propose une lecture documentée, intelligente, souvent méticuleuse et cohérente de l'oeuvre. Herrera recueille en outre la parole de l'artiste qui s'avère avoir été une fervente épistolière et qui méprisait la langue de bois. Le spectre d'investigation de la biographe dépasse de loin l'image iconique et nous livre le portrait d'une artiste qui prend très progressivement, lentement conscience de son talent, d'une artiste peintre grièvement blessée, ardente, déçue dans son désir de maternité, simple, intelligence, frondeuse, volontiers provocante, orgueilleuse, rejetant la vanité, amoureuse, exaltée, sensuelle, audacieuse, trahie, attendrissante, émouvante, bouleversante, fidèle à sa manière, courageuse, foutrement mexicaine, plus universelle qu'elle le croyait, vacharde, irrésistible. Son oeuvre, c'est elle, c'est sa vie peinte, cn lit en elle à oeuvre ouverte.  

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  • 07/15/16--05:08: Berlou (France, Hérault)
  • a berlou.jpgUne semaine à Berlou

    pour S. & A.

    Berlou est une toute petite commune viticole française de deux cents habitants, elle est située dans le département de l'Hérault, dans le canton d'Olargues. Elle produit certains crus d'une vraie tenue. Nous proposons ici un lien avec le site de la cave coopérative des coteaux de Berlou.

    http://www.berloup.com/

    Nous proposons aussi un lien avec le site du vigneron berlounais Jean-Marie Rimbert.

    http://www.domainerimbert.com/

    Nous avons particulièrement aimé, servi frais, un muscat régional, le Muscat de Saint-Jean de Minervois. La petite municipalité de Berlou se trouve à quelques kilomètres de Saint-Chinian ou de Cessenon, pas loin de Béziers, Carcassonne, Sète. Nous y avons été très chaleureusement reçus durant une semaine chez un couple d'amis. A partir de ce village, avec eux, nous avons rayonné, gravi et dévalé les collines à la marche, découvert de petits lieux délicieux (Rieu Berlou, cascade de la Glaudette, Pré Léon, ferme de la Treille) observé les villages environnants (Cessenon, Vieussan, Saint-Chinian, Prades sur Vernazobre, Olargues, ...), au large, nous avons contemplé le majestueux Mont Caroux (aussi, en raison de sa morphologie, surnommé " la femme allongée" ou "la femme couchée", nous avons aperçu l'Orb et le Vernazobre et, dans Vieussan, le bel endroit du Lézard bleu, merveilleux café snack perché tout en haut d'un valeureux tilleul, spécialisé dans les bières belges avec une carte exceptionnelle et une remarquable connaissance des grands produits du houblon. Le protocole du service de la bière y est scrupuleux. A découvrir absolument. 

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  • 08/29/16--04:50: Peintres : Mariano Otero
  • M A R I A N O    O T E R O

    http://www.galerievuesurmer.com/fr/artiste.php?intIdArtiste=1 (pour l'essentiel de l'iconographie)

    http://www.galerievuesurmer.com/fr/artiste.php?intIdArtiste=47

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mariano_Otero

    a ot 19 petite.jpgPeintre espagnol né en 1942 et établi en France et plus spécialement à Rennes depuis 1956. Son père, Antonio Otero Seco, journaliste et auteur, fuyait le régime franquiste. Artiste décrit comme militant, il reste un ardent promoteur de la culture espagnole et tient à maintenir présent le souvenir de la guerre civile espagnole. Il est le peintre de la représentation des femmes et du tango.

    Oui, les baigneuses enjouées, flexibles, reformées à l'échelle de leur bien-être, de leur réjouissance, vastes, larges, imposantes, superbes, les monumentales preneuses de soleil, oui, j'aime cela, c'est un étonnement bénéfique, bienfaisant, cette disproportion magnifique, ces anomalies splendides, oui, la langoureuse passion du tango, la célébration du tango, de l'étreinte, oui, cela me plaît, mais rien ne me ravit, chez Mariano Otero, comme ces portraits de femmes égarées, presque absentes, absorbées dans leurs pensées, ces femmes aux sentiments cachés, masqués, ces créatures splendides pratiquement indifférentes à qui les peint et qui vivent à l'écart, tout près, dans un temps singulier, une minute individuelle, dans le lieu de leur propre respiration. Il y a là, peut-être, une étrange, nouvelle et subtile compréhension de l'être féminin. Beauté étrange, fascinante et dont le magnétisme curieux et insolite excède de très loin les grâces formelles. Un voyage pictural qui ne fait pas fi de l'agrément plastique mais s'aventure beaucoup plus loin, beaucoup plus avant que les poncifs, les images superficielles, le kitsch lassant des roucoulades. Bousculant les ressassements stériles et masculins de l'éternel féminin, voici peut-être un regard, masculin lui aussi, sur l'étrange présent féminin. Et le peintre, s'oubliant soi-même, s'est totalement dissous dans l'art de regarder et représenter l'autre. 

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  • 08/29/16--07:26: Misty Dubateau
  • M    I    S    T    Y

    modèle et photographe

    https://www.youtube.com/watch?v=V1lEZ5k6Rhs

    En préparant mon papier sur Misty Dubateau, je me suis souvenu (ce qui ne m'arrive pas souvent) d'un poème que j'avais écrit pour l’Intranquille de Françoise Favretto en décembre 2013. Je lui ai trouvé, très subjectivement, une sorte de parenté avec la quête de la jeune photographe. Je l'ai donc placé en incipit. Par goût du dialogue avec les artistes que j'apprécie. Juste sous l'immense version de Chet Baker et Stan Guetz de l'inoubliableMisty

    Eclipse, terre, cendre et étoile comme genre complexe à venir  

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    Après

    la valse est lasse et la valise lourde

    et le chemin n’entre plus nulle part

    l’âme sait désormais

    le poids qui leste son épaule

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    Après

    l’étoile est pâle dans la flaque

    le ciel perd son odeur d’encens

    très doucement tout se délaie

    et l’encre de la pluie

    écrit des lettres

    que personne ne lit 

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    Après

    les trains très loin

    audibles seulement

    par leurs appels désespérés

    descendent sans nous vers le sud

    quand tout en haut

    vers le sommet de la colline

    le cimetière des licornes

     nous hèle

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    Après

    le grand Nègre qu’on est

    s’avance tout nu dans la neige

    le lait chaud de ses songes

    lève un peu de vapeur encore

    et s’absente dans l’aube 

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    Après

    le Gitan de qui l’aile

    laisse un moignon à notre épaule

    s’assoit dans l’herbe du fossé

    et  regarde verser

    l’épave de sa caravane

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    Après

    l’Inuit enseveli en nous

    monte s’asseoir parmi les ombres

    et le charbon bleu de sa vie

    s’allonge sous les litres noires

    puis s’endort au verso du rêve 

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    Après

    le cœur est presque nu

    le cœur reste tenu

    dans un cercle de cœurs

    car avec le vinaigre

    l’éponge du cœur absorbait

    l’âme mêlée de sang

    des bien-aimés 

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    Après

    tout le lointain n’est plus qu’un drap

    un oiseau noir occulte la fenêtre

    la chambre penche

    comme une chute d’échafaud 

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    Après

    lorsque le silence a semé

    sa belle blancheur inféconde

    les indices et les gestes d’amour

    -  leurs silhouettes 

    comme des naufragés

    s’en viennent battre la surface

    des grosses eaux tumultueuses

    qu’on laisse derrière soi

    DENYS - LOUIS  COLAUX

    G  A  L  E  R  I  E

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    PRÉSENTATION DE L'ARTISTE

    a mis 1.jpgMisty Dubateau, Misty Orchid, Misty l'Orchidée, la Fleur mystificatrice,  Misty, passagère et armatrice d'un bateau ivre qu'elle a conçu à son image, Misty le singulier oiseau d'Asie et d'Ailleurs, Misty l'orchidée sauvage, Misty la perle de jazz, est une jeune femme qui a été et est, notamment, le modèle de mon ami photographe Martial Rossignol. Pertinente et impertinente, farouche, brutale, pétulante, séduisante, merveilleusement expressive, belle et robuste, audacieuse, provocante, rebelle, offensive, canaille, fielleuse, douée d'un tempérament puissant, orageux, insolant, complexe, elle est aussi d'une nature extrêmement sensible, raffinée, très artiste, esthète, inventive et inspirée. Cette créature est un barbare, une Amazone, une fée, un geste de soie, une strophe lyrique, une solide gifle, un nuage de vanille, un haïku feutré, un hurlement. Elle occupe chacun de ses quatre points cardinaux. Quand j'ai appris que cette émouvante fauvesse s'essayait à l'autoportrait, je me suis rendu dans son espace. J'ai été bien inspiré. Nous sommes à l'aube d'un vrai talent. La femme ici se décline très personnellement, ce qui est révélé ici - un peu à l'écart du modèle, mais sans rupture définitive avec son travail - est subtil, poignant, élégant, original, touché par la poésie. L'initiative qu'elle prend d'exister ailleurs que dans le regard de l'autre est heureuse et féconde. C'est une voie de liberté qu'elle s'ouvre, une voie où dire son originalité, un lieu où nous émouvoir et nous charmer, nous surprendre. La femme, dirait-on, entre dans sa propre forêt. Nous sommes à la lisière de quelque chose. L'artiste intègre ses autoportraits dans un espace imparti à Misty Orchid et sous la signature de Sova Lova, qu'elle présente comme un personnage fictif. Lucidité foudroyante, ironie, cynisme ? Le labyrinthe est à la mesure de la personnalité de Misty. En cela, il est parfaitement autobiographique. Ce qui tend vers la vérité, vers le mythe de la vérité est nécessairement multiple et polymorphe. Quelques pépites apparaissent dès les premiers essais. Quelques pièces m'ont littéralement enchanté. Ici commence, dans cette quête autobiographique, une chorégraphie troublante, un étonnant ballet sur le damier de soi-même. 

     https://www.facebook.com/MistyOrchidPhoto/

    https://www.facebook.com/profile.php?id=100009226879857&fref=ts

    https://500px.com/mistyorchid

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    Les quelques photographes que je vais évoquer dans les semaines qui viennent sont des artistes à qui je suis indiscutablement fidèle. Je commence par deux d'entre eux/elles.

    A L A I N    L A B O I L E

    Il y a toujours une grande fête poétique dans le prodigieux imagier de l'inimitable Alain Laboile. Un élan qui m'emporte. Une intensité bienfaisante. Une ligne esthétique sur laquelle se perchent des papillons, des poissons volants, des sirènes ailées. C'est un bonheur ému d'évoquer son travail. Je ne m'en éloigne jamais vraiment.

    http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/alain-leboile/

    Chacune de ses images est chaude comme le lait fraîchement trait, chacune est savante et simple, chacune a un goût de petit éden au bout de la prairie. Chacune a la dignité chaleureuse de l'oeuvre portée et conçue par un artisan. Par un artisan (l'homme qui possède son art sur le vrai bout de ses doigts et jusqu'au fond secret de son âme) et un père, l'un étant lié à l'autre comme le sont les vases communicants. Chacune embaume la malice, l’habileté. Le frisson est avec les images de Laboile comme le parfum avec les fleurs. Laboile sait l'aviateur, le grutier, l'oiseau, le phoque, le conquistador, le miracle, l’indécrottable aborigène, le poids de chair et de charme, le goût du jeu, la graine de folie, l'épice du tendre qui unit et distingue ses enfants. Ses albums réhabilitent les cordes tendues, musicales, fragiles du tendre. Le tendre, tout ce dont le monde aujourd'hui manque si cruellement, si douloureusement. Le délicat. Et le magnifique à portée de main. Et le farouche, l'élan sauvage, l'impétuosité de jardin. Quelque chose ici touche à l'essence. Au corail existentiel. Au vent comme bienfait contre la géhenne. Ici, harmonie si rare, la part d'art s'entend avec la part d'humanité, un lien les noue l'une à l'autre, de façon vitale, comme des siamoises. Il y a les mots d'amour. Il se pourrait qu'il y eût ici des images d'amour. Des images telles qu'on peut les lever en calicots, en oriflammes. Mais je ne les range pas, ces belles images, du côté de l'innocence ou de la candeur ou de la cueillette. Je les place du côté de l'art, de la création, du fruit transmué en vin majestueux. J'ai parlé de vin, de vin noble parce qu'une ivresse contagieuse ruisselle de ces images. Ne dites pas : "Ce sont des photos d'enfants". Cela n'a aucun sens, la formule est d'une odieuse injustice. Pensez, je vous y engage, à elles, à ces photographies, comme à des œuvres d'art, des icônes profanes non pas ornementales mais justifiées par les appels les plus profonds, les plus généreux, les plus sensibles, les plus élevés qui couvent en nous et souvent ne trouvent pas à éclore, à sortir de leurs bogues serrées et solides. Voilà, ces photographies ont à voir avec les bougies, avec les petites flammes qui célèbrent, qui tremblent devant l'obscurité impassible et la traversent, la vainquent un instant. Cela est considérable. C'est ainsi, aussi intensément que cela, que j'aime les photographies de Laboile, l'univers unique, vrai, inventé, incomparable, sans cesse créé, vécu, d'Alain Laboile.

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    JEAN-CLAUDE SANCHEZ

    http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/jean-claude-sanchez/

    L'autre, c'est Sanchez. Jean-Claude Sanchez. J'aime comment ce type amerrit dans l'eau étrange des sirènes. Comment il va, pacifiquement, sans l'idée de dérober jamais quoi que ce soit, à la chasse au satin des femmes, à la nudité des femmes, à l'étoffe des femmes, j'aime comme il se met en quête de l'amplitude arrêtée de leur natation dans l'eau, dans l'air, au ciel, sur les planches de la scène. Souvent, chez Sanchez, les femmes ont à voir avec les proues, les lanternes, les mystères, les poèmes. Elles sont, oui sans doute, d'une matière, d'une sorte de marbre pur et effervescent, elles sont d'un lait solide et demeuré liquide.  

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    ALFRED STIEGLITZ

    Photographe & marchand d'art américain (1864-1946), Stieglitz est un des grand pionnier du pictorialisme, sans cesse mu par le désir d'élever la photographie au rang d'art à part entière. Toute sa vie, il aura militer pour qu'elle soit reconnue et admise au sein des beaux-arts. Très artiste, très inventif, parfois presque contemplatif, il eut pour épouse, modèle et muse l'artiste peintre Georgia O'Keeffe. Il fut aussi un grand promoteur de l'art moderne (Cézanne, Braque, Picasso, Matisse, Duchamp).

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Stieglitz

    http://www.moma.org/collection/artists/5664

    https://www.photo-arago.fr/C.aspx?VP3=CMS3&VF=GPPO26_3_VForm&ERIDS=2C6NU0OBY4CR:2C6NU0OBSIV4:2C6NU0OBMVXO:2C6NU0O0HNYG:2C6NU0OKYTOW

    http://www.metmuseum.org/toah/hd/stgp/hd_stgp.htm

    http://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/archives/presentation-detaillee/browse/6/article/new-york-et-lart-moderne-alfred-stieglitz-et-son-cercle-1905-1930-4217.html?S=&tx_ttnews%5BbackPid%5D=252&cHash=0b95738aaf&print=1&no_cache=1&

    http://www.galerie-photo.com/alfred-stieglitz.html

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    Alfred Stieglitz par une autre grande conquérante du pictorialisme, Gertrude Kasebier

    G A L E R I E    S T I E G L I T Z

    Georgia O'Keeffe, muse, modèle, épouse et artiste peintre

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    Pour la peinture de Georgia O'Keeffe

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Georgia_O%27Keeffe

    http://www.antiquesandfineart.com/articles/article.cfm?request=961

    https://www.youtube.com/watch?v=4z_hi4PlB-E

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  • 09/03/16--01:32: Boris Vian
  • BORIS VIAN

    Je voudrais pas crever
    Avant d'avoir connu
    Les chiens noirs du Mexique
    Qui dorment sans rêver
    Les singes à cul nu
    Dévoreurs de tropiques
    Les araignées d'argent
    Au nid truffé de bulles
    Je voudrais pas crever
    Sans savoir si la lune
    Sous son faux air de thune
    A un coté pointu
    Si le soleil est froid
    Si les quatre saisons
    Ne sont vraiment que quatre
    Sans avoir essayé
    De porter une robe
    Sur les grands boulevards
    Sans avoir regardé
    Dans un regard d'égout
    Sans avoir mis mon zobe
    Dans des coinstots bizarres
    Je voudrais pas finir
    Sans connaître la lèpre
    Ou les sept maladies
    Qu'on attrape là-bas
    Le bon ni le mauvais
    Ne me feraient de peine
    Si si si je savais
    Que j'en aurai l'étrenne
    Et il y a z aussi
    Tout ce que je connais
    Tout ce que j'apprécie
    Que je sais qui me plaît
    Le fond vert de la mer
    Où valsent les brins d'algues
    Sur le sable ondulé
    L'herbe grillée de juin
    La terre qui craquelle
    L'odeur des conifères
    Et les baisers de celle
    Que ceci que cela
    La belle que voilà
    Mon Ourson, l'Ursula
    Je voudrais pas crever
    Avant d'avoir usé
    Sa bouche avec ma bouche
    Son corps avec mes mains
    Le reste avec mes yeux
    J'en dis pas plus faut bien
    Rester révérencieux
    Je voudrais pas mourir
    Sans qu'on ait inventé
    Les roses éternelles
    La journée de deux heures
    La mer à la montagne
    La montagne à la mer
    La fin de la douleur
    Les journaux en couleur
    Tous les enfants contents
    Et tant de trucs encore
    Qui dorment dans les crânes
    Des géniaux ingénieurs
    Des jardiniers joviaux
    Des soucieux socialistes
    Des urbains urbanistes
    Et des pensifs penseurs
    Tant de choses à voir
    A voir et à z-entendre
    Tant de temps à attendre
    A chercher dans le noir
    Et moi je vois la fin
    Qui grouille et qui s'amène
    Avec sa gueule moche
    Et qui m'ouvre ses bras
    De grenouille bancroche
    Je voudrais pas crever
    Non monsieur non madame
    Avant d'avoir tâté
    Le goût qui me tourmente
    Le goût qu'est le plus fort
    Je voudrais pas crever
    Avant d'avoir goûté
    La saveur de la mort.


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    Edward Steichen

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    Edward Steichen est un photographe et peintre américain (d'origine luxembourgeoise, 1879-1973), il est aussi éditeur, galeriste conservateur. D'abord peintre, il entre dans la carrière photographique après avoir fait la connaissance de Stieglitz (avec qui il fonde Phot Scession, qui affirme sa volonté de rompre avec l'idée convenue de la photographie). Il se lance en France dans une série de portraits de Grands Hommes (Anatole France, George Bernard Show, Richard Strauss, Auguste Rodin, Henri Matisse). Avec Stieglitz, il édite Camera Work, qui promeut la photographie comme art d'avant-garde, à l'égal de la peinture. Esthète, il est aussi regardé comme le premier photographe de mode. Il crée sa propre galerie à New York, The Photo-Secession Galeries ou 291. Il sera durant la première guerre mondiale, chargé du commandement de la division photographique des forces expéditionnaires américaines.  Il photographie les stars (Gloria Swanson, Greta Garbo). Pendant la seconde guerre, il est directeur de l'Institut photographique naval (Naval Photographic Institute). Son film documentaire The Fighting Lady remporte en 1945 l'oscar du meilleur film documentaire. À partir de 1947 et jusqu'en 1962, Steichen est le directeur du département de la photographie du Moma, le musée d'art moderne de New York. Steichen est également célèbre pour avoir créé The Family of Man en 1955, une immense exposition au Musée d'art moderne de New (plus de 500 photographies pour 273 photographes), une collection fondée sur les grands thèmes humains (amour, mort, vie) dans plus de 60 pays. Plus de neuf millions de visiteurs voient cette expo à New York. Elle est aujourd'hui l'objet d'une exposition permanente à Clervaux (Luxembourg) d'où Steichen est originaire.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Steichen

    http://www.galerie-photo.com/edward-steichen.html

    A Clervaux (Luxembourg) - The Family of Man (exposition historique)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Family_of_Man

    http://www.steichencollections.lu/fr/the-family-of-man

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    G A L E R I E

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    Louise Brooks

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    Henri Matisse

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    Greta Garbo

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    Marlène Dietrich

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    Auguste Rodin

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    Auguste Rodin

     


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    Robert Demachy

    Photographe français, tête de proue du pictorialisme en France et, plus tard, dans le monde (1859-1936). Il refuse que la photographie soit un art d’imitation, il la considère pleinement comme un art d'interprétation. Banquier et fils de banquier, il vit dans l'aisance et peut mener ses recherches sans problème et faire de la photographie son activité principale. Toutefois, il ne sera jamais un photographe professionnel. Un de ses nombreux articles, L'Interprétation en photographie, publié dans la Gazette des Beaux-Arts en 1904, est demeuré célèbre. Il multiple et revendique les interventions, les retouches de l'artiste sur son oeuvre. Inventif, très artiste, acharné, inspiré, il besogne, ouvrage et cisèle ses clichés. Auteur pour la Revue photographique, il est aussi membre de la Société française de photographie et membre fondateur du Photo-Club de Paris. Ses travaux sont publiés dans Camera Work par Alfred Stieglitz.

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    https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Demachy

    https://www.photo-arago.fr/C.aspx?VP3=CMS3&VF=GPPO26_3_VForm&ERIDS=2C6NU0OBY4CR:2C6NU0OBSIV4:2C6NU0OBMU0X:2C6NU0OFPVBY:2C6NU0OJEZMF

    http://www.normandie-impressionniste.fr/robert-demachy-impressions-de-normandie

    http://www.photogravure.com/collection/searchResults.php?page=1&artist=Demachy,%20Robert

    http://photoseed.com/collection/?k=&p=23

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    Julia Margaret Cameron

    http://mu-inthecity.com/2015/05/julia-margaret-cameron-photographe-de-lame/

    http://info.arte.tv/fr/focus-sur-la-photographe-julia-margaret-cameron-londres

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Julia_Margaret_Cameron

    Photographe britannique (1815-1879) dont la carrière artistique se concentre sur 12 ans. Elle vient tard à la photographie, sa fille lui offre son premier appareil photographique alors qu'elle est âgée de 48 ans. Ce cadeau sera à l'origine d'une foudroyante passion. Grande portraitiste, elle puise son inspiration chez les peintres préraphaélites. Elle recherche dans son travail la façon de dépasser la précision documentaire. Elle concentre sa quête sur la beauté, l'esthétique, la signature artistique. Son portrait doit rendre des éléments de la personnalité qu'elle saisit. On peut dire qu'elle invente le flou artistique. Regardée comme la photographe de l'âme, c'est une des premières femmes à marquer l'histoire de la photographie. Bien d'autres viendront par la suite.

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    Alvin Langdon Coburn

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Alvin_Langdon_Coburn

    http://www.moma.org/collection/artists/1164

    https://www.youtube.com/watch?v=KOVcWUQHNC4

    Photographe américano-photographique (1882-1966), il est essentiellement portraitiste mais ses paysages ont une beauté fascinante. Il a publié chez Stieglitz. Il a aussi travaillé l'aspect abstrait de la photographie. Avec Ezra Pound, il prend part au mouvement appelé le vorticisme (l'art prend vie dans le tourbillon des émotions) et produit des vortographies.

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    Rodin

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    G.B. Shaw

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    Fernand Bignon

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Bignon

    http://www.wikimanche.fr/Fernand_Bignon

    http://www.archivesenligne.fr/education/item/bignon-fernand

    http://www.thydelor.eu/photographie/bignon.html

    http://www.poleimagehn.com/archives-expositions-hors-les-murs/item/dans-le-sillage-de-limpressionnisme-fernand-bignon-photographe-et-cineaste

    http://photo-graphie.biz/2009/bignon/bignon.html

    Photographe et cinéaste amateur français (1888-1969), Bignon est d'abord agriculteur (la ferme est une des grandes scènes de son art) et horloger. Pictorialiste superbe imprégné d'impressionnisme, formidable esthète des gestes familiers, alchimiste et poète de la lumière, artiste méticuleux, exigeant, habité, portraitiste inspiré des siens, Bignon, - qui semble enchanté, possédé par les virtualités de son art -, est l'auteur de somptueuses icônes du quotidien. Ses photographies ont côtoyé en exposition les œuvres des plus grands (Emerson, Puyo, Demachy), ses œuvres ont été exposées un peu partout dans le monde. 

    L'iconographie de la présentation est issue du magnifique lien suivant :

    http://photo-graphie.biz/2009/bignon/galerie2.html

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    C o n s t a n t    P u y o

     https://en.wikipedia.org/wiki/Constant_Puyo

    https://www.youtube.com/watch?v=tj1Bb6xktHQ

    http://mastersofphotography.blogspot.be/2012/02/charles-emile-joachim-constant-puyo.html

    https://www.photo-arago.fr/C.aspx?VP3=CMS3&VF=GPPO26_3_VForm&ERIDS=2C6NU0OBY4CR:2C6NU0OBSIV4:2C6NU0OBMJQP:2C6NU0O0S2I6:2C6NU0OJHLTF

    Constant Puyo (1857-1933) est un pictorialiste français majeur, il est aussi un des théoriciens du mouvement. Sorti de l'Ecole polytechnique, Puyo fait carrière dans l'artillerie. Dès 1880, il se passionne pour la photographie. Avec un autre polytechnicien, Jean Leclerc de Pulligny, il met au point un appareil  photographique qui permet l'exploitation du flou artistique. En 1894, il entre au Photo-Club de Paris (fondé en 1888), il en deviendra le président en 1921. En 1902, il quitte la carrière militaire pour se consacrer pleinement à la photographie. Esthète, technicien hors-pair, artiste doué d'une très grande sensibilité, Puyo est un phare du pictorialisme. Sa quête photographique est aimantée par la sublimation du sujet. 

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    R u d o l p h    D ü h r k o o p

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Rudolf_D%C3%BChrkoop

    http://www.nationalmediamuseum.org.uk/Collection/Photography/RoyalPhotographicSociety/CollectionItem?id=2003-5001/2/20608%20

    https://books.google.be/books?id=norFsq8c-2MC&pg=PA261&lpg=PA261&dq=rudolf+d%C3%BChrkoop&source=bl&ots=_JxPR92sJC&sig=7BT0Ko_nNWAEdpTEvAdiNdNv5dY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjFz9_7z_3OAhXCzRoKHX7cCTYQ6AEIZzAQ#v=onepage&q=rudolf%20d%C3%BChrkoop&f=false

    http://data.bnf.fr/15078200/rudolf_duhrkoop/

    (1848-1918). Voici, en la personne de ce Hambourgeois autodidacte, une des étoiles allemandes du pictorialisme. Il s'établit en 1883 en tant que photographe professionnel. On va voir, en découvrant ses albums, l'artiste élégant, distingué, original et inspiré qu'il était. Un sens extraordinaire de la mise en scène, de la ligne, une grande exigence esthétique, un art singulier, personnel du cadrage et de la composition. Homme de la nuance, de la délicatesse, chantre d'une féminité exquise et noble, saupoudrée d'une vapeur de spiritualité, poète visuel de la maternité et de l'enfance, il compte parmi mes préférés. Dührkoop travaillait souvent avec sa propre fille, Myna Diez-Dührkoop qui apporte peut-être à l'oeuvre cette pointe de distinction féminine,  ce petit supplément éthéré, peut-être a-t-elle aussi une part dans le choix des thèmes. Ce à quoi je ne veux pas circonscrire sa possible influence. Mais je connais trop peu ces artistes pour en dire davantage. Myna reprit l'atelier après la disparition de son père.

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    T h o m a s    L e e    S y m s

    J'ai trouvé cette photographie de Thomas Lee Syms sur qui je ne trouve à peu près rien. Il est anglais, il est présenté comme un photographe victorien (1867-1938). La photographie me ravit.

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    Clarence Hudson White

    Photographe américain né dans l'Ohio (1871-1925)

    Adolescent, il est curieux intellectuellement et attiré par les arts. Comptable dans l'épicerie de son père, il ne dispose pas de grands moyens financiers.  Autodidacte de la photographie, il se passionne pour cet art et met les membres de sa famille à contribution en les faisant poser. Il est toujours aimanté par la lumière avec laquelle il entretient de merveilleux rapports. En 1898; il présente ses œuvres au premier salon de la photographie de Philadelphie. L'année suivante, il intègre le jury de la manifestation et fait la rencontre de Fred Holland Day, Gertrude Käsebier, Edward Steichen et Alfred Stieglitz. Il est là parmi les étoiles. Il va en devenir une lui-même. En 1902, il participe à la fondation du groupe Photo Secession où sévissent les pictorialistes.

    http://www.universalis.fr/encyclopedie/photo-secession/ 

    Il devient portraitiste itinérant, puis s'installe avec sa famille à New-York en 1906. L'université de Columbia, qui instaure un tout nouveau cours de photographie, le sollicite pour donner le premier cours de photographie. Il mettra, pour animer ses cours, ses amis à contribution (Fred Holland Day ou Gertrude Käsebier). Notons que cet emploi le libère des obligations de la photographie commerciale. Il fonde ensuite sa propre école, la Clarence H. White School of Photography à New-York tout en assumant conjointement des cours au Brooklyn Institute of Arts and Sciences. Il va avoir une influence considérable sur la nouvelle génération de photographes. Il a pour élèves des gens comme Laura Gilpin, Margaret Bourke-White, Dorothea Lange, Paul Outerbridge ou Doris Ulmann. Bien que d'obédience socialiste, White ne cherche pas la transmission d'un message politique dans son art. Il est seulement habité par le désir de créer de la beauté. Il le sera jusqu'à son dernier jour.

    Les élèves de White

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    Laura Gilpin

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    Margaret Bourke-White

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    Dorothea Lange

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    Paul Outerbridge

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    Doris Ulmann

    Les photographies de White

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    P i e r r e    D u b r e u i l

    https://www.photo-arago.fr/C.aspx?VP3=CMS3&VF=GPPO26_3_VForm&ERIDS=2C6NU0OBY4CR:2C6NU0OBSIV4:2C6NU0OBMU0X:2C6NU0OFGZHJ:2C6NU02Q16ZU

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Dubreuil_(photographe)

    http://www.christies.com/lotfinder/photographs/pierre-dubreuil-demain-est-mystere-1923-5657807-details.aspx

    Pictorialiste français (1872-1944). Fils d'une famille aisée, il se lance dans la photographie à l'âge de 16 ans. Après une collaboration avec le photographe français Louis-Jean Delton, spécialisé dans le reportage hippique, Dubreuil intègre la Société photographique de Lille. Dubreuil prend son essor, le Photo-Club de Paris, en 1896, accepte cinq de ses épreuves, il est admis en 1900 au sein au sein du Linked Ring Brotherhood de LOndres et une de ses oeuvres est publiée dans Camera Work, la revue de Stieglitz. Dubreuil photographie les monuments de Paris, composant ainsi une suite remarquable. Six photographies de lui, qu'il avait envoyées pour publication dans Camera Work ne seront pas publiées mais  exposées à l'Exposition internationale à la galerie Albright de Buffalo. Durant la première guerre, Dubreuil est ambulancier, sa maison est saccagée et son matériel photographique lui est dérobé. En 1923, il revient néanmoins à la photographie en ralliant l'Association belge de photographie (il en deviendra le président en 1932). Il expose beaucoup et publie au sein de l'Association des textes sur la technique et l'esthétique photographiques. En 1935, la Royal Photographic Society de Londres lui consacre une rétrospective en exposant de cent cinquante œuvres. Ses archives, confiées en 43 à la société Gevaert, seront détruites lors d'un bombardement.  

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